2026-04-29
HaiPress
Un gardien de zoo berce un ornithorynque dans le cadre d'un programme d'élevage en captivité à Healesville Sanctuary,en Australie. (Jason Edwards / The Image Bank RF)
En 1797,lors de l'examen d'un spécimen d’ornithorynque naturalisé,les scientifiques européens crurent que cet animal était une blague. Un bec de canard,quatre pattes palmées,une queue de castor et une fourrure de loutre,cela ne pouvait être qu’un canular monté de toutes pièces par un taxidermiste. Ils étaient loin de se douter que non seulement l’animal existait vraiment,mais que moins d’un siècle plus tard,des chercheurs observeraient qu’il pond des œufs,qu’il allaite ses petits - non pas grâce à des mamelles,mais en transpirant du lait par la peau - ou encore que les mâles portent des aiguillons à venin causant plusieurs jours de douleur intense.
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Depuis sa découverte,l’animal continue de surprendre : en 1980,on découvre que son bec est en fait un organe électrique,qui lui permet de détecter le système nerveux de ses proies dans le noir. En 2020,des chercheurs s’aperçoivent que sa fourrure est fluorescente et lui permettrait de repérer ses congénères dans la nuit.
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Cependant,l'ornithorynque reste banalement brun,ce qui intrigue les chercheurs. Normalement,seuls les oiseaux possèdent des mélanosomes creux,et chez eux ces mélanosomes génèrent des interférences lumineuses qui leur permettent de produire des couleurs vives,sans en avoir le pigment correspondant. C’est comme cela,notamment,que le paon se pare de bleu et de vert iridescent alors qu’il possède à la base,des plumes de couleur marron.
Néanmoins,les mélanosomes de l’ornithorynque semblent trop arrondis pour provoquer la moindre interférence colorée. Les scientifiques ne savent donc pas comment ses mélanosomes creux peuvent lui être utiles. Une hypothèse est que cette structure pourrait aider l'ornithorynque à imperméabiliser son pelage ou à s’isoler du froid. Des hypothèses qui restent à être vérifiées et qui promettent sans doute de prochaines découvertes.